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Le temps, toujours lui, est venu pourtant de parler du
troisième défi, celui de la construction des
'alliances victorieuses' ; avec le mouvement syndical d'abord qui
'a objectivement les mêmes revendications que le mouvement
altermondialiste' et qui 'constitue la force sociale la plus
influente dans la société'. Alliance 'cruciale'
donc. Or sachant que outre la Confédération
paysanne plus d'une douzaine de fédérations
syndicales (CGT, CFDT, SNES, SNESUP •) sont au nombre des
organisations fondatrices d'ATTAC on peut se demander si les
alliances décisives de Jacques Nikonoff ne relèvent
pas elles aussi de ces étranges alliances
évoquées plus haut.
Je ne suis pas très sûr non plus que Jacques
Nikonoff ait raison d'affirmer que le mouvement syndical
'constitue la force sociale la plus influente dans la
société' car dans ce cas c'est des comptes qu'il
faudrait lui demander sur l'emploi fait de sa
notoriété. Je me contenterai de continuer de croire
que c'est la grande bourgeoisie qui 'constitue la force sociale
la plus influente dans la société', opinion
extrême s'il en est.
Alliance également avec les catégories populaires,
'victimes principales de la mondialisation libérale' et
dont il ne comprendrait pas qu'elles 'restent sur le
côté dans le combat contre les causes de leurs
difficultés.' Je me hasarderai, chômeur
moi-même, à lui signaler que c'est en raison
même de cette grande difficulté que nous vivons
qu'il nous est carrément impossible de nous contenter de
vœux pieux, de creux verbiage et autre bavardage d'un
âge dépassé. Je ne me lasse pas de le
répéter : 'Economie des moyens, économie des
fins, fin de l'économie!'
Et je lui souhaite bonne chance ! Faisant partie des
'catégories sociales qu'il veut influencer', à
savoir les 'chômeurs et précaires, ouvriers et
employés' j'ai pu à une époque envisager de
me laisser 'influencer' par ce genre de stratège : il m'a
bien fallu un jour conclure qu'ils n'avaient ni stratégie,
ni le moindre désir de se laisser eux-mêmes
influencer par la piétaille qui n'a pas forcément
la même compréhension de ce que sont les causes de
si dramatiques effets. Aussi, bonne chance Monsieur, parce que
tant que des causes on n'aura pas causé, et de leurs
effets, de ce que révèlent ceux-ci qui ne vous
effleure pas, tant que, n'est-ce pas ! en ce qui me concerne tu
peux causer tant que tu veux, je suis complètement
bouché et je ne vous comprends pas.
N'oublions pas, enfin, les jeunes dont Jacques Nikonoff ne sait
comment 'renforcer la continuité de leur mobilisation',
ces chenapans ayant déserté la lutte pour la
défense des retraites.
Peut-être pourrait-on leur proposer des objectifs qui
flattent leur jeunesse • il faudrait pour cela
connaître leurs centres d'intérêt, essayer
donc de les interroger, savoir après tout si
l'objectivité les intéresse, des fois, on ne sait
jamais, qu'ils préfèreraient la
subjectivité. On pourrait même ruser un peu,
à cet âge ils sont si faciles à abuser, on
pourrait leur faire des promesses, ils ne savent pas encore, ne
bénéficiant pas de l'admirable expérience,
de la judicieuse sagesse, qui nous vient avec les années,
ils ignorent, les pauvres, qu'elles n'engagent que ceux qui leur
accordent crédit, on pourrait leur dire 'Vous serez une part
de la saveur du fruit', cochon qui s'en dédit
!
Mais revenons-en à nos moutons, l'influence. Pour ce que
j'en sais quatre-vingt dix neuf pour cent de cette question se
trouvent résumés par un dicton, 'Qui paye les
musiciens commande la danse' ; et l'infime résidu,
l'étincelle irréductible, j'avoue n'avoir jamais
constaté,
qu'elle se laissait séduire par les
propositions opérationnelles & co, alternatives ou
pas.
Nous en arrivons à présent au dernier
défi, le quatrième, le défi
'd'améliorer sa démocratie interne'. Une fois
encore j'ai la désagréable impression que Jacques
Nikonoff confond "le mouvement" avec sa propre organisation qui
'fonctionne • au moyen de collectifs • qui sont les
seuls instruments de rassemblement des forces qui se
réclament de l'altermondialisation'. Pour dissiper cette
incertitude, et, s'il y a lieu, établir le kidnapping il
faudrait savoir ce que Jacques Nikonoff entend par mouvement :
Les '250 000, 300 000 •' qui se trouvaient sur le Larzac
au mois d'août ou les quinze cent à deux mille
personnes qui ont assisté au discours de clôture le
dimanche. Des astres de podium jusqu'où se propage donc la
subtile influence ?
Démocratie interne • C'est vrai, 'le
fonctionnement de certains de ces collectifs relève
parfois d'une caricature de démocratie' et
n'hésitons pas à ajouter qu'en la matière le
conseil d'administration d'Attac est tout à fait
exemplaire, quant à l'équilibre de la
représentation entre les membres fondateurs et les
élus de la base, quant à l'organisation des
élections également. J'en ai parlé ailleurs, inutile
de me répéter.
Une fois de plus en fait ce sont les 'groupuscules qui tentent
de • manipuler en sous-main' qui sont à la vindicte
générale en pâture jetés •
'pour dissuader les ambitions individuelles de porte-parole
autoproclamés' ? Fichtre ! C'est M. Sarkozy que l'on
croirait entendre.
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