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Kidnapping au Larzac 2003 ?

En conclusion, dans 'ce mouvement, Attac occupe une place singulière et se fixe deux objectifs : déconstruire l'idéologie néolibérale (Si j'ai bien suivi d'ailleurs le raisonnement les quatre défis proposés au mouvement se simplifient pour Attac en deux objectifs, les problèmes de clarification d'identité, de meilleure définition des alternatives, de démocratie interne ne se posant évidemment pas à cette association à nulle autre pareille) ; construire les alternatives au néolibéralisme •' (on a vu plus haut ce que Jacques Nikonoff avait à proposer à l'ouvrière exténuée, au chômeur suicidaire, à l'artisan, au paysan poursuivis par les huissiers•) 'car nous sommes des décontaminateurs', tâche ingrate je le reconnais qui me donne une occasion supplémentaire de m'inscrire en faux contre la contribution de Jacques Nikonoff. Je suis en effet d'avis que si 'Sur des tablettes, on ne peut rien inscrire de nouveau sans avoir effacé les inscriptions antérieures ; c'est l'inverse pour l'esprit : on ne peut effacer les inscriptions antérieures sans y avoir rien écrit de nouveau.' C'est de Roger Bacon, moine franciscain anglais du XIIIème siècle qui aurait inventé la poudre à canon et, pour avoir pratiqué la magie, la philosophie et le détournement de fonds, fait quelques séjours en prison.
Parlez d'une référence ! C'est qu'il m'a fallu creuser loin pour trouver quelque chose de moins jeune encore que la pensée politique de Jacques Nikonoff ; mais qui garde sur celle-ci, impitoyablement, tout l'avantage, l'attrait séculaire, de la nouveauté.
On se doit cependant d'admirer l'ampleur de la décontamination à laquelle Jacques Nikonoff s'est lui-même soumis pour éradiquer le virus néolibéral de son esprit et qui lui permet de nous proposer une alternative 'concrète, opérationnelle, efficace' à laquelle les néolibéraux n'avaient pas songé, funeste oubli. Ce n'est pas tout, hélas ! Jacques Nikonoff entend parvenir à ses fins (construire les alternatives au néolibéralisme), qu'il voudrait que nous fassions nôtres, par la réalisation d'un 'rassemblement majoritaire'. Après tout pourquoi pas ? Mais de quelle sorte de rassemblement majoritaire parle-t-il ? L'histoire ne manque pas d'exemples de rassemblements majoritaires qui furent taillés en pièces par des forces moins nombreuses mais mieux organisées.
En 490 avant notre ère, les Grecs de Miltiade, onze mille fantassins, écrasèrent quarante mille Perses lors de la bataille de Marathon. Les Athéniens perdirent cent quatre vingt douze hommes, les Perses six mille. Un siècle et demi plus tard, en 331 à Arbelles (Gaugamèles), Alexandre le Grand avec quarante sept mille hommes met en déroute deux cent trente cinq mille Perses : Le nombre ne fait pas rien à l'affaire mais il ne fait pas tout.
Jacques Nikonoff trouverait-il ces exemples un peu trop militaires ? Perdus dans un lointain passé ? Hors sujet? Ce rassemblement majoritaire auquel il nous convie ne risque-t-il pas néanmoins de connaître la même fin que celle de l'Unité Populaire au Chili en 1973 quand un complot orchestré par la CIA avec le soutien d'une partie de l'armée fit voler en miettes cette belle unité ? Comme l'Irak le prouve, cela ne saurait nous concerner.

Du pas ruminant de la vache pâturant l'estive, sur cette auguste lancée, qu'il me soit à présent permis de conclure sur le nouveau-né. Si au mois d'août au Larzac 'une force est née', sa vigueur en septembre doit être celle d'un bébé et il me semble un peu prématuré d'en faire sur le champ, fût-ce un causse, un 'acteur majeur dans le débat d'idées, social et politique' dont le président d'une association qui s'octroie sans retenue une 'place singulière' dans le mouvement démontre dans son article qu'il n'a pas son pareil pour le faire avancer, pour l'approfondir et le clarifier. Jacques Nikonoff démontre effectivement comment il relève ses propres défis, comment il s'entend sans jamais verser dans la poésie, à son style, j'imagine, désuète, comment il s'entend à dresser des plans sur la comète.



 

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