À qui de droit

Subura News
Apothéose des charlatans

Ne le saviez-vous pas? La confiance va de soi et se rit de résultats, mais le patient s'émerveille à tant de nullité si grassement rémunérée au rythme des ordonnances qui régulent la souffrance et promettent de beaux jours au malheur d'être né Français et d'en payer chaque jour les conséquences au tarif décidé par la vermine instituée qui fait son beurre de mon existence, avec l'aimable collaboration des gendarmes et des voleurs et la participation très intéressée des soignants et dealers agréés par le Sénat et l'Assemblée.

Dépérissement de l'état de droit au profit de l'état de fait

Je viens de relire la Charte Européenne du Droit des Patients publiée par le ministère de la Santé et il me semble suffisamment comprendre la langue française pour conclure que ce document m'accorde le droit de me plaindre (art.13) et réclamer un dédommagement (art.14) aux responsables des souffrances que j'endure année après année aux mains des sadiques que vous parrainez.
J'ai également lu la profession de foi en quinze principes de la Charte Européenne d'éthique médicale, dont certains peut-être savent que de si belles chartes sous-tendant une si inflexible résolution dédiée à ma guérison sont surtout l'alibi des notes de frais que s'octroie la crème de la profession pour pondre au soleil ses meurtrières élucubrations. Moi en tout cas je ne sais que ça et je le sais jusqu'à la lie des sévices qui m'ont été assénés depuis toutes mes décennies vécues douillettement sous la férule de vampires associés derrière l'étendard du caducée pour torturer leurs concitoyens pour le bien de certains.

D'où, savez-vous quoi? l'idée m'est venue, assez osée je le reconnais, mais il ne faut surtout pas s'étonner que tant d'audace, frisant, quel frisson! la témérité, se laisse aller à qualifier un évènement aussi discret, une pensée qui vaque à son insupportable abstraction et doit absolument conquérir le papier quitte à en crever; or donc, pour tout vous dire, j'en ai soupé.

Cela fait depuis début février que je combats une énième infection pulmonaire que je regrette devoir considérer comme le résultat prévisible, et attendu par les parties intéressées dont je n'ai jamais été, des protocoles thérapeutiques criminels mis en œuvre sans vergogne par toute une industrie acharnée à se payer ma pomme pour se remplir les poches en vertu de l'insigne générosité qui caractérise ces élites.

Et après des mois et des mois de souffrances qui durent et s'attardent à loisir sur un organisme affaibli par les légions de sangsues qui lui sucent la santé depuis tant d'années que je sers de cible à charité bien ordonnée qui guérit qui le mérite et moi jamais; après tant d'imbuvables semaines j'en suis encore à dépendre du calendrier de l'un ou l'autre membre éminent de la mafia locale du poumon qui voudra bien me vendre sa protection si j'ai l'heur de plaire... à sa secrétaire! ou à sa déontologie désintéressée.

Attendu que chaque jour qui passe... est une torture supplémentaire dont vos corporations d'humanistes distingués se repaissent sans jamais s'en rassasier; chaque jour grâce à votre organisation hors-pair les heures qui égrainent leurs angoisses, cependant que ces messieurs-dames prennent leur temps pour que ça dure et fasse toujours plus mal et réduise mon existence, une décennie après l'autre, à ce dont cette salope de Marianne me fait généreusement l'aumône, la chance inespérée de crever à petit feu dans mon coin en attendant que l'un ou l'autre mandarin veuille bien me délivrer l'ordonnance dont il a le secret et qui me libèrera du vice de penser que tant de silence inspiré, obnubilé de paperasse, dissimule mal une totale ignorance de l'art de soigner que les résultats édifiants des politiques de santé publique, ces dernières années tout particulièrement, prouvent d'abondance à mon crédule entendement;

Attendu que c'est cette administration, ô obscure entité! qui délivre le permis d'exercer et, dans la foulée, ignoblement de nuire, à des établissements comme la clinique en solane qui essouffle ses clients, qui m'a empoisonné, ou le Centre Médical de derrière les fagots en Cerdagne, et ailleurs, qui ne s'est pas gêné pour lui emboîter le pas, sans omettre de mon hommage l'Hôpital international à Puigcerda, parrainé par l'Hôpital de Perpignan (chef-lieu où sévit également un centre de physiologie des voies aériennes particulièrement soigné) dont je n'oublie pas les traitements qui s'y dispensent en Soins Intensifs ou en Pneumologie, et aux professionnels rassis qui les peuplent et leurs recommendations débiles d'esprits minables, médiocrement intéressés à respecter ma dignité et avides d'exploiter la situation en vertu de leur médiocrité et suivant les recettes que leur murmure une infinie cupidité;
Attendu que confraternellement les chers collègues ne se sont pas donnés la moindre peine pour m'informer de la nature de mes douleurs afin que je puisse juger, à la lumière de la non-information facturée, s'il fallait que je suive leur conseil de me traiter pour ce que je pourrais avoir comme complication si je ne les écoutais pas fredonner leurs galimatias, plutôt que de soigner les conséquences de leurs erratiques ordonnances que quelque jour je crus devoir entendre, me mordant depuis les doigts de les avoir gobées;
Attendu que vous contrôlez de même les protocoles et règlements visant à asservir le citoyen malade aux décisions des bureaucrates et technocrates qui s'octroient avec générosité tout pouvoir de décision sur leur existence tout en diffusant prolifiquement Chartes et Traités leur accordant tous les droits que leur refusent les budgets monopolisés par ces mêmes responsables désintéressés;

Attendu que c'est aujourd'hui dimanche, ou quelque autre jour, sans surprise jour de poisse assurée dans la cocagne de l'A.L.D.[affection longue durée], dans les enclaves où est parquée la matière première de cette industrie cannibale entre toutes les activités humaines, cette gigantesque entreprise d'asservissement: la médecine officielle et ses innombrables tentacules, un arc-en-ciel de tout ce qui grouille de charlatans dans l'univers bariolé de la chose médicale, toutes les nuances de fariboles techno-scientifiques, menant au paradis de la santé préfabriquée qui nous est promise, pour épauler les anciennes superstitions dont l'humanité se délecte depuis la nuit des temps et qu'il est inutile de préciser plus avant, chacun sachant depuis toujours qui elles sont, moi le premier ou presque, tout aussi occupé que tout un à me curer le nez avec conviction;

Attendu que chaque heure qui fuit l'établit irréfutablement dans mon comprenoir tragiquement endommagé par tant de science de soigner embouteillant de frêles synapses d'une certitude irrémédiablement enracinée, 'Res Medica, je te hais';
Attendu en outre que je sais de longue date que la décence n'est pas ce qui caractérise le mieux les institutions de la France que je connais;

Je vous signale donc que, de ce jour courent les intérêts sur les sommes dûes au titre des dommages que cette regrettable situation m'a causés, dont, et de manière non limitative cinq pneumonies, conséquence directe des prescriptions des chouchous que tant vous chérissez, cinq infections pulmonaires à cent mille euros pièce, barèmes revus et corrigés suivant les critères épris de lucre unanimement adulés par la moralité française, la déontologie médicale en particulier.

Ignorant toutefois en quelle corbeille échouera cet avis recommandé sans substance dont le suprême ridicule n'est disputé que par la vertigineuse ignorance où je me trouve de ma pathologie dont plus de sept décennies d'y être plongé ne m'ont rien enseigné à en croire les dites parties, de manière tout à fait arbitraire en somme, ce que sans peine je reconnais pour l'avoir maintes fois vécu aux griffes des bureaucraties de ce pays chéri, les pénalités rédhibitoires suivant le cours tranquille des retards accumulés, c'est désormais un million d'euros que vous me devez, sans omettre, quel crime ce serait! les intérêts composés qui ne supportent pas d'être lésés, de même que mes souffrances m'intiment de n'oublier ni les prescriptions toxiques qui m'ont empoisonné, ni les lois scélérates qui vous permettent de me torturer.

Et sans davantage perdre de vue le principal de la dette, ô conquête de la pharmacopée! l'Eldorado à cent millions d'euros, dont les intérêts courent depuis belle lurette tout aussi prestement que le taux de l'usure l'autorise et que je ne mentionne qu'en passant, car cette dernière créance, quoique cumulée avec les marges arrière qui pointent un nez intéressé, fasse piètre figure comparativement à l'étendue et à la profondeur des souillures que m'a fait subir l'ignominie française, scientifique et républicaine à en dégueuler.

Fait ici ou ailleurs pour valoir ce que de droit, c'est à dire rien, tout comme moi aux yeux chassieux de la France médicale, hormis ses annuités, divers émoluments et autres honoraires ayant prouvé leur valeur thérapeutique aux âmes généreuses qui les ont mérités. Vermine!